3 bonnes raisons 1/2 pour une entreprise de pratiquer le collaboratif

big data et collaboratifDans un récent article, j’expliquais que le « collaboratif » tenait, dans la programmation du LabPostal, l’évènement du Groupe La Poste sur l’innovation numérique, une place aussi importante que le Big Data. Je m’en réjouissais car si le Big Data est quantifié, chiffré, considéré comme le futur « or blanc » de l’économie, administré par des business units stratégiques bien identifiés, le collaboratif lui, est plus abstrait, aux contours flous…C’est d’ailleurs pour ces raisons qu’il est régulièrement comparé ou assimilé à l’émergence en son temps du Développement Durable; il est parfois géré par le département RSE d’une boîte alors qu’il devrait être envisagé de façon transversale; on trouve dans les réunions sur le collaboratif des startups, des directions du numérique, des représentants du monde de l’ESS…. Bref, on le range dans un tiroir un peu fourre-tout. Bien que le collaboratif prenne une importance croissante, les entreprises sous-estiment encore les réponses qu’il apporte à des enjeux majeurs, et notamment sous-évaluent sa complémentarité indispensable à l’exploitation du Big Data. Voici 3 raisons stratégiques pour lesquelles une entreprise a tout intérêt à investir dans le collaboratif autant que dans le Big Data.

1/ Ce sont les réseaux sociaux qui font circuler désormais le plus d’informations

facebook dépasse googleLa part du trafic Internet de Facebook a dépassé celle de Google en mars 2010. Cette étape est loin d’être anecdotique et nous informe que plus d’informations circulent au sein des réseaux de personnes que sur le moteur de recherche leader. En plus d’être plus fournie, l’information y est modérée, commentée, complétée, enrichie, contredite, validée, approuvée…bref plus qualifiée. Or si le Big Data est l’or blanc de l’économie de demain, il faut bien identifier les mines d’où l’extraire : les réseaux au sein desquels les communautés échangent et produisent du savoir.
Si les marques comprennent de mieux en mieux les logiques d’échange sur les plateformes sociales dans lesquelles elles investissent, le management d’entreprises ne tardera pas à identifier les leviers que le collaboratif permet en interne.

2/ L’intelligence artificielle (IA) ne suffira pas, misons aussi sur l’intelligence collective

Là encore, l’intelligence collective est un terme à la mode un peu abstrait. Demandez à 3 experts de vous la définir, pas sûre que vous vous y retrouviez. Pour faire simple, je la définirai ici en l’opposant à l’intelligence artificielle, considérée comme seule forme d’intelligence assez puissante pour exploiter le fameux Big Data. Outre le fait qu’il s’agit là d’un parti pris bien triste éthiquement parlant, cela me semble être une analyse humainement fausse. Les hommes (mâles) essaient depuis des millénaires de comprendre les femmes (certes ils essayaient pas beaucoup il y a quelques décennies) et n’y arrivent toujours pas car ils s’appuient sur des faits ! Comment l’Intelligence Artificielle, même alimentées de milliards d’informations, pourraient produire des matrices permettant de prévoir nos comportements les plus imprévisibles et irrationnels? Et ils peuvent être nombreux, surtout en France…

3/ Le collaboratif est le pendant humain de l’économie numérique

Je crois que le numérique est un outil utile à la création et l’entretien de liens sociaux. Si Internet, à des débuts, isolaient chaque individu devant son écran, et peut être a t-il vraiment accéléré l’individualisme, force est de constater aujourd’hui que l’Internet contributif, participatif permet plus de collaboration et d’échanges entre les hommes. Alors certes, on peut (et on a de quoi) être nostalgique de la vie de quartier, de l’entraide entre voisins, du travail d’équipe en présentiel…mais il me semble difficile de revenir en arrière et il faut savoir vivre avec son époque et voir le verre à moitié plein. Le collaboratif, facilitateur de rencontres et d’échanges, humanise l’économie numérique qui se dessine . Je ne dis pas qu’il faut accepter fatalement la digitalisation et la matérialisation de notre quotidien, mais que le collaboratif est justement le garant de la place prépondérante que doit avoir l’Homme dans cette économie du futur.

Revenons pour conclure sur l’assimilation, mentionnée en début d’article, du collaboratif avec le Développement Durable qui pourrait bien être une 4ème bonne raison d’adopter le collaboratif pour l’entreprise.
Si cette assimilation est justifiée, alors le collaboratif fera son entrée dans l’entreprise en suivant le même chemin que le DD a emprunté depuis une dizaine d’année: d’abord un intérêt pour un marché porteur (les énergies vertes pour le DD, la consommation collaborative et les plateformes P2P pour le collaboratif) . Viendra ensuite l’adoption de logiques et pratiques en interne dans l’entreprise: en effet, dans un contexte de raréfaction des ressources, le Développement Durable revêt enfin une importance stratégique au sein de l’entreprise (innovation frugale, économie circulaire). Il en ira de même pour le collaboratif. Mais comme il est toujours mieux d’apprendre du passé, ne nous attachons pas à mettre en place des normes, n’attendons pas 10 ans pour identifier les enjeux et ne rangeons pas le collaboratif dans un département qu’on baptiserait « internal community management » mais diffusons-le rapidement et de façon transversale.

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