Un bon travail collectif en entreprise, c’est comme un trajet en voiture réussi

covoiturage ou gpsAu lendemain de la victoire des Experts au championnat du monde de Handball au Qatar, la littérature sur le sujet allait bon train et j’ai eu l’occasion de lire , sur le blog de Nicolas Cordier, quelques réflexions de Claude Onesta, le coach libérateur de ces sportifs recordmen. Il nous rappelait qu’en plus des leaders et des suiveurs (catégorisation et dénomination avec laquelle je ne suis pas tout à fait d’accord, soit dit en passant), il existait une 3ème catégorie, toute aussi importante pour l’équilibre et le bon fonctionnement d’une équipe : « les créateurs de liens ou les « gentils » qui vont générer du savoir-vivre ensemble » allant de l’un à l’autre et se faisant, montrant qu’il est possible à chacun de se rapprocher et de partager des choses. Et tout de suite, la description de ces personnes-là, m’a instantanément fait penser au type dans la voiture, assis à l’arrière, penché vers l’avant accoudé aux repose-tête des sièges avant… Vous voyez ? Et en déroulant, je me suis dit qu’un bon travail collectif en entreprise, c’était en fait un peu comme un trajet en voiture réussi.

Définissons tout d’abord ce qu’est un trajet en voiture réussi. Et pour pouvoir le comparer à un projet d’entreprise, il est clair que je fais référence à un « nouveau » trajet de voiture, un dont nous ne connaissons pas le chemin.

Un bon trajet de voiture – selon moi – compte 3 caractéristiques :

  • une arrivée à l’heure
  • un trajet optimisé (pas ou peu de détours, pas d’accident)
  • une bonne ambiance

Pour répondre à ces 3 critères, on peut distinguer 3 types de populations  :

  • le conducteur, responsable d’une conduite sécurisée, souple et agréable
  • le co-pilote qui indique le chemin
  • et le fameux « gentil » sur la banquette arrière et qui lance les jeux du blind test à la radio ou des plaques d’immatriculation

Vous voyez déjà peut être où je veux en venir ?
Transposé au monde de l’entreprise, nous avons :

  • les cadres, responsables de la conduite des tâches et to do assignés aux exécutants (qui pourraient presque être comparés aux pièces mécaniques de la voiture si on poussait la comparaison à son paroxysme)
  • le leader, manager, chef de projet ou d’entreprise qui pilote la vision du projet ou de l’entreprise, qui montre le cap.On peut aisément identifier ceux qui rentrent dans cette dernière catégorie : les talentueux, les leaders naturels, les managers compétents. Dans les grands groupes, ils ont même leur propre programme de carrière appelé « high potential ». D’ailleurs avec un nom pareil, imaginez un peu ce que peut produire ce genre de parcours sur-mesure sur ceux qui n’en bénéficient pas.On reconnaît également les cadres du middle management qui conduisent le projet. Mais rien qu’à ce niveau de catégorisation, la comparaison avec le trajet en voiture est efficace et intéressante. On voit bien qu’en voiture, il y a obligatoirement répartition des tâches, décentralisation du pouvoir. Ce n’est pas au porteur de la carte Michelin de déjouer les obstacles de la route, les nids de poule, le poids lourd qui gêne la fluidité de la circulation, d’éviter les accidents, d’assurer des changements de vitesses en douceur, etc. Il se trouve que dans mon cas perso – qui semble être partagé par beaucoup de femmes – mon mari fait le co-pilote ET le pilote depuis la place du mort. Ce qui fait que je ne prends plus de plaisir à conduire à ses côtés alors que j’aime ça. Mais là, encore le parallèle avec le monde de l’entreprises est flagrant comme le montre le taux d’engagement des salariés. En effet, en entreprise, passé sous le niveau du top management, on a une tendance forte et lourde à la conduite automatique, appliquant les consignes venant du haut. Ce qui conduit à une forte démotivation et démobilisation des équipes.
  • puis vient la 3ème catégorie:  Alors là, c’est une autre paire de manches pour les identifier et même les nommer tant il ont été sous-estimés en entreprise, voire même non-identifiés. Pour ma part, je les appellerai les « socializer ». Cette nomenclature ne correspond à aucune fonction, aucun titre, aucune fiche de poste. N’essayez pas de chercher à quel maillon de la chaîne de la conduite de projet ils pourraient correspondre. Le travail collectif en entreprise n’a pas été pensé pour leur laisser une place. Ils sont pourtant fondamentaux selon le manager qui a amené les experts à être quintuple champions du monde, et champions olympiques.  Tout comme je pense que ces « socializer » sont indispensables à une bonne conduite de projet. Il peut y avoir des conflits d’intérêts (il peut ne pas en avoir, d’ailleurs ?) entre le chef de projet et le stratège et le socializer sera là pour tempérer, trouver un consensus non-mou et identifier des axes de collaboration efficiente. De même que les trajets avec mon mari et un 3ème larron se beaucoup mieux.

Je suis certaine qu’on pourrait trouver de nombreuses comparaisons entre le trajet en voiture et la conduite de projet (à quoi pourrait bien correspondre le sapin senteur en entreprise ? Le soin apporté à l’entretien de son habitacle est-il un marqueur culturel qu’on peut retrouver en entreprise, sa façon de gérer sa consommation de carburant, etc…).

Pour ma part, je conclurai par celle-ci :

2 tendances lourdes sont observables dans le trajet en voiture ces temps-ci. L’un restant largement majoritaire mais l’autre gagnant du terrain petit à petit: le recours au GPS ou au pilotage automatique, sans vision ou zoom arrière pour vérifier le cap. Il permet une conduite efficace puisqu’automatique et délivrant un grand nombre covoiturage ou gpsd’informations (merci le big Data !). Mais très peu souple et la plupart des conducteurs utilisant un GPS perdent le sens de l’orientation et seraient bien incapables de réagir pro-activement en cas d’imprévus ou d’impondérables. Inutile de transposer au domaine de l’entreprise, vous avez compris.

Et puis il y a le covoiturage : le trajet mutualisé, partagé, ouvert aux autres, porteur d’une nouvelle façon de conduire et de considérer sa voiture.
Et ce qu’il y a de bien avec le covoiturage, c’est qu’il n’est pas incompatible avec le recours au GPS. C’est un était d’esprit, une philosophie mais qui change tout.

C’est le choix que doivent faire les entreprises aujourd’hui : le numérique robotique conduisant à la prépondérance de l’intelligence artificielle sur l’intelligence collective ou le numérique collaboratif créant du lien, de la valeur et faisant reposer la gouvernance de l’économie sur nos interactions plutôt que sur des algorithmes que nous ne maîtriserons bientôt plus.

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